Nous sommes ds le top 5 des villes les plus polluées au monde et il faut s’éloigner de quelques kilomètres de BarilCity si on veut nager ailleurs que ds l’or noir et des cadavres de poissons.
A 10 km de la capitale, la mer est chaude et la plage aménagée, accueillante.
Terre policière encore et toujours. A coups de brasse, les étrangers-nageurs tentent de s’éloigner de la masse. La mer est calme, sans danger aucun. Mais la sécurité veille sur les bouées blanches qui délimitent l’espace baignade et que nul ne semble autoriser à dépasser. Le statut de nageur n’y changera rien, le kgbtiste des plages a décidé que resterions là où nous avons pieds et comprenant que nous ne voulons pas comprendre ses gestes pourtant très explicites, harangue quelques baigneurs autochtones lesquels s’empressent de traduire ses propos dans la langue de Shakespeare. En dépit du bouledogue et de sa fâcheuse obsession à maintenir le troupeau bien groupé, ce fut une après midi sympathique, suffisamment pour faire face aux 24 heures de voyage train et voiture lesquels me feront traverser la région d’Est en Ouest et goûter aux vagues de la mer noire dés demain.
dimanche 20 juillet 2008
Un samedi à la plage
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Libellés : Expat's life
samedi 19 juillet 2008
Le psychiatre
Rencontres avec les psys. La MMC a du prestige, même sans rdv, on est de suite emmené ds le bureau du médecin-chef non sans avoir eu le temps d’observer le défilé des patients: entrée du téméraire aux traits ravagés et sortie 3 min plus tard: juste le temps nécessaire pour recevoir debout, son ordonnance moyennant une ‘contribution volontaire’ (et ce, en dépit de la gratuité toute théorique des soins..) dont le versement aura au moins le mérite de faire sortir blouse blanche de la contemplation fascinée du Roi Lion en vidéo...
Profitant du passage ou le Roi lion erre ds la jungle, j’informe les pseudo toubibs des résultats de l’enquête particulièrement alarmante en termes de santé mentale chez les familles de disparus, parents, fratrie et conjoints et notamment de la prévalence de troubles dépressifs sévères et de troubles anxieux. Eux qui n’ont jamais reçu de tels patients, et pour cause, sourient en évoquant les subtilités de la ‘culture locale’ et des raisons pour lesquelles ceux-ci ne demandent pas d’aide (bah pourquoi donc je viens les voir..), disent que la dépression touche ‘50% de la population du pays’ et que tout le monde souffre… (non, ce n’est pas le comptoir du bistrotier..) mais assurent que si de ‘tels patients’ se présentent, ils les aideront bien sur ce qui avec les sous-titres, signifie qu’à ces patients qui auront l’immense privilège d’être référés par la MMC, on ne leur demandera aucune ‘contribution volontaire’. Sauf que si le besoin d’antidépresseurs et d’anxiolytiques est clairement identifié chez nombre de FoM qui 16 ans plus tard, ne quittent jamais leur maison plus de deux jours de crainte de louper le retour du fils prodige, venir quémander leurs bonbons à ces blouses blanches obséquieuses dont le niveau de compétences ds leur spécialité équivaut à celui de mon boucher, relève du mythe. Bref, c’est l’impasse.
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mardi 15 juillet 2008
Un 14 juillet
Ça se passe ds l’un des plus beaux hôtels de la capitale. Tout le gratin diplomatique et industriel défile devant la France incarnée par son nouvel ambassadeur, son équipe et sa poule âgée d’une vingtaine d’années de moins et qui à peine arrivée, fait déjà parler d’elle. L’hymne national de Bariland retentit, aussitôt suivi de la marseillaise; les français imperceptiblement rectifient la tenue. L’ambassadeur fait son discours; le même vraisemblablement que l’année précédente ou que celle d’avant: le partenariat économique autour de l’énergie, of course, la résolution du conflit du NK puisque la France fait partie du groupe de négociation au même titre que la Russie et les US.
Les cravates ambassadrices discutent ou discourent en tête à tête. L’ambassadeur israélien est sous surveillance rapprochée: ses chiens de garde, ne s’éloignent jamais à plus de deux mètres de lui. L’Égyptien au français impeccable, devise gentiment. Le russe, que je ne vais pas jeter ds la piscine, suivi par l’Irakien, nous saluent. Le HCR fait de l’humour. Le WFP qui ferme ses bureaux à la fin du mois réclame en rigolant à la World Bank représentée par un polonais américain, les 6 bilions de dollars promis.
Le discours de l’Ambassadeur s’achève. Le champagne coule. Le buffet s’ouvre. Les français se retrouvent autour de la table des fromages où le camembert et le roquefort font bonne figure. Les autres piochent ds la multitude de petits fours. Le champagne coule à flots. Il fait beau. Another day in Paradise..
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Libellés : Expat's life
dimanche 13 juillet 2008
samedi 12 juillet 2008
Devinette
Qui peut envier les parents d’un enfant mort ?
…Les parents d’un disparu. C’est eux qui le disent:
‘ Je suis allée à X et je ne savais où aller: faut-il le chercher parmi les vivants ou parmi les morts? J’envie les mères que je vois au cimetière: Au moins eux, ils savent et peuvent aller pleurer quelque part’.
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lundi 7 juillet 2008
De l’ordre et de l’irraison
On arrive au bureau à 9 h oo et on part à 18 h oo, maximum 18h05
A la MMC, on ne perd jamais une occasion de tuer des arbres. Nous vouons ainsi une adoration sans bornes aux formulaires qu’il s’agit de remplir quand on veut accueillir quelqu’un chez soi (‘visitor form’) ou dans sa voiture, quand on veut sortir de la ville le We, quand on part sur le terrain ('field trip form’), quand on passe un coup de fil à l’étranger ou sur un mobile (call form), quand on fait un kilomètre en voiture (le ‘log book’), quand on veut faire réparer la douche, accrocher un tableau au mur, acheter un paquet de mouchoir à 2 balles histoire que les familles qui n’avaient pas prévu le coup, puissent éponger leurs larmes autrement qu’avec leurs doigts (‘purchase/repair form’), quand on veut faire pénétrer un véhicule étranger ds le compound (au cas ou ben laden qui nous en voudrait à nous personnellement, se cacherait sous la blouse du livreur de patates..) Chaque formulaire doit être signé par les autorités compétentes et envoyé trois jours avant bien entendu..
Bon, je n’en suis pas encore à regretter le joyeux bordel des french doctors lesquels sont de fait eux aussi en voie de bureaucratisation aigue mais trouve chaque jour de nouvelles raisons de m’intéresser aux opportunités de recyclage ds l’élevage des escargots bleus d’Ardèche. Maybe…
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Libellés : Le Jeu: mode d'emploi
mardi 1 juillet 2008
Coupables
Mais c’est le frère aîné âgé d’une quarantaine d’années qui m’intrigue, celui dont elle dit qu’il souffre ‘plus qu’elle’, qu’il ‘pense trop’ tant et si bien qu’elle évite de parler du cadet devant lui pour le ‘protéger’. Tant et si bien qu’elle a pensé lui dire qu’il était mort. Pour qu’il cesse d’être habité par le sort de son frère et s’autorise à revivre un peu. En effet, il va manifestement mal, très mal, trop mal. Et c’est en tête à tête qu’il finit par nous dire ce qu’il le hante.
Quand le gamin âgé de 18 ans, est revenu en permission, il a annoncé à son père et à toute la famille qu’il voulait déserter car ‘ils allaient le tuer’. Eux l’ont convaincu de ne rien en faire: il faut bien défendre sa patrie. Et si ce n’était pas lui, quel père allait envoyer son fils la défendre cette foutue patrie? Ce ne sont jamais les fils des généraux qu’on envoie sur la ligne de front. Là, je confirme, des fils d'huitres ou de généraux, il n’y en a pas un sur les 4000 dont on attend encore le retour..
Alors, le père, qui n’était qu’un paysan patriote, a rassuré son fils, l'a prit par la main et l’a lui-même ramené jusqu'à son unité.
Et un mois après, le gosse était porté disparu.
Peu après, son père optait pour l’infarctus, la sortie de scène privilégiée des frères et des pères de disparus.
16 ans plus tard, la mère et le frère aîné ne se sont rien pardonnés et continuent de pleurer en attendant le retour du fils prodige.
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