Deux semaines de promenade à Geoland puis, sur la ligne de front Aznaland/Bariland, non sans avoir dûment averti et obtenu l’aval des autorités des deux États de notre visite dans ces lieux où les échanges de tirs sont quasi-quotidiens, et de hisser le drapeau, histoire que ce jour là, ils ne se trompent pas de cible.
Et des dizaines d’autres rencontres avec des familles de disparus comme ce père qui a reçu il y a trois mois, soit 16 ans après la disparition de son fils, la visite des représentants de l’État lui demandant de cesser de le ‘cacher’.
Ce père si digne, et qui finira par lâcher prise et fondre en larmes en cours d’entretien. Fidèle à la tradition d’hospitalité encore en vigueur ds les montagnes, il insistera pour nous garder à déjeuner et fera d’énormes efforts pour susciter le rire et effacer le poids des paroles prononcées. A la question sur ce qui pourrait l’aider à se sentir mieux, la réponse aura fusé, droit ds les yeux: ‘ mourir ’.
Sa femme, les yeux vides et qui se laisse doucement mourir, me raccompagne à la porte avec les seuls mots qu'elle aura prononcé au cours de cette visite: ‘Ramenez moi mon fils vivant’.
Bah non, je ne suis pas encore douée du pouvoir de résurrection, à peine celui de creuser dans des blessures déjà béantes.