samedi 28 juin 2008

Steppe, pétrole et volcans de boue

Un week end au paradis dans la banlieue de BarilCity:


Expats en quête de boue..







L'or noir.. dégoulinant de chaque centimètre de sol...





Les fameux volcans de boue





Suivis par l'indispensable épisode culturel:
la visite de la 'réserve historique'



...Et des non moins fameux pétroglyphes de l'ère néolithique.

jeudi 26 juin 2008

De l’art de survivre, suite

Il est vivant donc...Et qu’est ce qui vous fait penser ça ?

  • ‘Je l’ai vu en rêve’
  • ‘C’est quelqu’un de très fort en bricolage, électricité; il peut se débrouiller partout’ (même six pieds sous terre?!)
  • ‘Je le sais, c’est tout…’(imparable..)
  • ‘Ils l’ont dit à la télé’…( TV nationale: expert es contes de fées et propagande.)
  • ‘C’est quelqu’un de très bon, de très gentil; personne, même l’ennemi, ne pourrait vouloir lui faire du mal’.
  • ‘La voyante a dit qu’il était vivant. Toutes les voyantes que j’ai vues l’ont dit’.
  • ‘Je suis sa mère..’
  • 'Il savait très bien nager' (même avec une balle ds le dos?)
  • ‘Il est très fort, très courageux’… (entendu 250 000 fois…c'est fou le nombre de gens exceptionnels qui sont portés disparus ds ce pays…)
Et tous de conclure: ‘à chaque fois que je vois votre voiture, j’ai l’impression qu'il est avec vous (…) Et si vous me le ramenez, vous m’aurez donné le monde entier’.

Bah ouais, sauf que je ne vais pas vous le ramener; Ptête un bout d'os d’ici 15 ou 30 ans. En attendant, ptête ben que je vais même me recycler ds la traite des escargots bleu en Ardèche. Faites ch.. Merde.

lundi 23 juin 2008

De l’art de survivre

Sans aucune info depuis 15 ou 17 ans quant ils ont été vus pour la dernière fois sur le champ de bataille où ils furent arrêtés ou laissés pour à moitié morts, ils sont vivants, c’est entendu… mais où sont ils donc?

  • ‘Il est passé en Iran’ (ok, et depuis, il n’a jamais eu l’occasion de passer un coup de fil ?...)
  • ‘Il est retenu comme esclave par des personnes privées et forcé à travailler pour elles’ (Ah, et chez vous, y en a aussi beaucoup des esclaves du côté opposé? Non ? Ah bon, il n’y en a plus depuis 15 ans ?!)
  • ‘Il est caché sous la montagne’ (mais qu’est ce qu’on peut être cons nous à se contenter de vérifier les prisons officielles et de même pas aller creuser ds les montagnes...)
  • ‘Il est à tel endroit, telle adresse, chez telle personne et on est d’accord pour l’échanger avec celui qu’on a chez nous' (bon, encore faudrait-il commencer à mettre les mots ds l’ordre…et pourquoi le voisin, il nous fait de grands signes quant tu parles?)
  • ‘Il a été fait prisonnier, vendu aux tchétchènes (juste quelques frontières à traverser..), qui… l’ont revendu comme esclave aux Saoudiens’ (là, ça commence à faire un long voyage..) ‘et il va revenir mais c’est sur qu’il aura quelques troubles mentaux’ (parce que toi, c’est sur que tu vas bien mon gars..)
  • ‘Il a été fait prisonnier puis vendu avec d'autres prisonniers de guerre aux Américains qui les ont fait travailler comme esclaves chez eux. Aujourd’hui, ils ne rapportent plus assez et ils veulent nous les revendre’…
Bon, après tout, ce que j’en dis hein..

dimanche 22 juin 2008

De l’intérêt d’être enfant unique

Qu’est ce que la disparition de son frère a changé pour elle? Le visage se fracture et la réponse tombe ds un torrent de larmes: le deuxième frère, jumeau du disparu, n’a pas supporté l’absence et s’est pendu deux ans plus tard.

samedi 21 juin 2008

Expat's meeting

La MMC: une multinationale comptant un millier d’expatriés répartis ds tous les mondes en guerre, plus de 10 000 employés nationaux. Une petite centaine ici. Et une réunion d’expats trimestrielle. Le sujet du jour se doit d’être d’importance puisqu’il fut déjà évoqué au cours de la réunion précédente.
Il s’agit donc de savoir s’il est bien nécessaire de faire déplacer l’équipe de maintenance dans les appartements à chaque fois qu’il s’agit de… changer une ampoule. Cette mémorable réunion permettra d’accomplir un progrès incontestable puisqu’il sera décidé et longuement expliqué aux expats présents qu’ils devront désormais se charger de cette tâche eux-mêmes et qu’un ‘kit maintenance’ (des ampoules et un… escabeau) sera mis à leur disposition à cet effet (gloupusko....manquerait plus qu’il faille qu’on fasse notre lit nous-mêmes…).
Conclusion : avant de vouloir changer le monde, commencez donc par changer vos ampoules vous-mêmes.

mardi 17 juin 2008

La machine à voir au travers les montagnes

Lui, 16 ans après la disparition de son fils, n’a jamais cessé de le chercher. Et d’écrire au Commissariat des droits de l’Homme, à Kofi Annan, à la Cour Européenne…sans relâche. Il y a juste une semaine, sa femme est morte, ‘de l’attendre’, dit-il.
Il pense que son fils est retenu dans les ‘territoires de facto’ du Karabahland. Là où forcément, nous, la communauté internationale, n’avons pas accès puisque ce ne sont pas des 'lieux de détention officiels' et donc ‘qu’ils ne nous les montrent pas’. Il a aussi entendu parler d’une machine qui verrait au travers les murs et les pierres et qui pourrait, le cas échéant, repérer les ‘hommes-esclaves cachés sous les montagnes’.
Qu’est-ce qui lui fait penser que son fils puisse se trouver là-bas ? ‘Mon cœur est dur comme de la glace’ [ …] ‘Je sais que mon fils rentrera; je dois le revoir avant de mourir’.
C’est une certitude, sa certitude, sans laquelle il ne pourrait sans doute pas continuer à vivre même si les yeux se couvrent de buée lorsqu’il prononce ces mots, trop conscient est-il de leur incongruité.

dimanche 15 juin 2008

On the road again

Deux semaines de promenade à Geoland puis, sur la ligne de front Aznaland/Bariland, non sans avoir dûment averti et obtenu l’aval des autorités des deux États de notre visite dans ces lieux où les échanges de tirs sont quasi-quotidiens, et de hisser le drapeau, histoire que ce jour là, ils ne se trompent pas de cible.

Et des dizaines d’autres rencontres avec des familles de disparus comme ce père qui a reçu il y a trois mois, soit 16 ans après la disparition de son fils, la visite des représentants de l’État lui demandant de cesser de le ‘cacher’.

Ce père si digne, et qui finira par lâcher prise et fondre en larmes en cours d’entretien. Fidèle à la tradition d’hospitalité encore en vigueur ds les montagnes, il insistera pour nous garder à déjeuner et fera d’énormes efforts pour susciter le rire et effacer le poids des paroles prononcées. A la question sur ce qui pourrait l’aider à se sentir mieux, la réponse aura fusé, droit ds les yeux: ‘ mourir ’.

Sa femme, les yeux vides et qui se laisse doucement mourir, me raccompagne à la porte avec les seuls mots qu'elle aura prononcé au cours de cette visite: ‘Ramenez moi mon fils vivant’.


Bah non, je ne suis pas encore douée du pouvoir de résurrection, à peine celui de creuser dans des blessures déjà béantes.