mardi 18 mars 2008

Escale Parisienne

Il y a un an, à la même époque (cf les Kkroniks) je rêvais d’hélicoptères qui balançaient des gens du ciel. Aujourd’hui, je rêve d’exhumations de morts-vivants. Puisqu’un rdv avec les manchots, autres espèces en voie de disparition, a donc l’air de s’imposer, je pars à Paris boire du chablis et faire les soldes (même que si..) du 20 au 29 mars, pour être précise. Alors, si vous passez ds le coin et que vous le voulez bien, manifestez-vous.

@ Bientôt peut-être,

lundi 17 mars 2008

Hope never die

Hope never die’ : C’est le titre donné au livre des disparus, jamais tout à fait morts.
Une fois tous les trois ans, on retrouve un disparu-amnésique vivant à l’autre bout du pays. Les pouvoirs politiques et les medias qui leur sont assujettis, s’empressent alors d’exploiter la manne
à fond, ne se privant pas de dire qu’il existe encore des centaines d’autres disparus encore vivants, ‘tenus en esclavage chez l’ennemi’ ou ‘dans des prisons secrètes’ (d’ailleurs, machin y a bien vu X ..). Et puis, c’est aussi ce que racontent les voyant(es) aux familles qui viennent les consulter.
Une telle annonce provoque inévitablement 50 appels dans la semaine de familles nous demandant si ‘on a des nouvelles’.

Bah non, on n’en a pas (quoiqu’on ai bien une petite idée de comment l’histoire se termine). Mais nous ne lisons pas ds le marc de café; à peine dans les cartes des grands de ce monde et de leur terrifiant poker-menteur.
En attendant la fin du jeu et avec la bénédiction des autorités, cette épouse qui s'ignore veuve, peut donc continuer comme elle le fait depuis 15 ans, à dormir toute habillée au cas ou son mari reviendrait durant la nuit.
Et cette mère de laisser sa porte ouverte cas ou son fils reviendrait et… qu’il ait perdu la clé (sûr, au bout de 16 ans, c’est une hypothèse tout
à fait réaliste...).

Nous, nous rêvons que dans nos bouts du monde à nous, on ne retrouve jamais plus un seul de ces disparus-amnésiques et vivant qui viendrait à lui seul détruire le très faible chemin d’acceptation qu’ont parfois et non sans mal, parcouru certaines familles. Nous préférons rêver d’exhumations et d’identifications qui arracheraient enfin les encore-vivants au passé et ramèneraient les morts à leur juste place, pour toujours.
Mais c’est un rêve pieux. Car force est de constater que les projets des uns et des autres dans cette partie du monde seraient plutôt de continuer de creuser la terre, non pour y exhumer des disparus mais plutôt, pour y recommencer à empiler de nouveaux os, tout frais.

samedi 15 mars 2008

Les pieds dans l’eau

Quant la guerre s'est terminée, le père a longtemps guetté, face à la mer, le retour de son deuxième fils. Le premier ayant déjà été tué, il ne l’attendait plus. Au bout de deux jours, ceux qui savaient mais qui n’avaient pas osé l’avertir, ont fini par lui dire que le deuxième était porté disparu depuis déjà…10 mois.
16 ans plus tard, Ils ont 60 ans et en paraissent 80. Au milieu des photos de leurs deux enfants, la mère pleure chaque minute, chaque jour, chaque nuit. Elle rêve de son fils disparu et appelle parfois le petit fils né quelques mois après la disparition de son père, par le prénom de son celui-ci 'à qui il ressemble tellement', bien sûr.
La mère dit du père qu'il est devenu 'fou'. Au village, on dit, qu'il a retenu sa douleur toute sa vie car ici, 'un homme ne pleure pas' mais qu'aujourd'hui, il est trop vieux et n'a plus la force de le faire.

mardi 11 mars 2008

Balade continentale

Excursion à Geoland et à Akazland, son territoire de facto, qui, pour ceux qui auraient du mal à suivre, est un territoire lequel selon le droit international, relève d’un état reconnu mais qui de fait, fonctionne de façon indépendante avec sa monnaie, son gouvernement, ses lois et...ses disparus.

A Akazland, on attend la reconnaissance d’une indépendance déjà gagnée par la force des armes et le soutien explicite de l’Empire il y a 15 ans et dont on voit mal au nom de quoi elle leur serait aujourd’hui refusée (ds ce bout du monde là, on n’a pas fini de payer les pots cassés de l’indépendance du Kosovo..).

En attendant, on cultive les mandarines et on entretient soigneusement la mémoire des disparus dans les petits musées mortuaires organisés dans
chaque maison et devant lesquels les vivants n’en finissent pas de pleurer.

Mais c’est aussi une jolie côte bordée par la mer, de hauts sommets et toujours hantée par de lointains fantômes qui semblent ne jamais vouloir finir de faire parler d'eux.

lundi 10 mars 2008

Cherchez l'erreur

Pour des raisons pratiques (succession, pensions..), les familles des disparus peuvent recevoir des certificats de disparition (‘déclarations d’absence’) ou/et de décès, assorties d’explications variables telles que: ‘est mort en défendant son pays pendant la guerre patriotique…’

Celles-ci se révèlent parfois d’une logique imparable comme dans ce certificat de décès ou à la rubrique ’cause du décès’, est indiqué: ’ Missing’…