vendredi 23 novembre 2007

Mères, suite

Mes collaborateurs locaux la connaissent depuis une dizaine d'années. A chaque fois que je les vois, dit elle, 'c'est le monde qui s'ouvre à moi, c'est comme si mon fils entrait avec vous'.
La maison est pauvre, deux pièces, un deuxième étage en construction depuis 14 ans. Les travaux ont été commencés par le fils disparu. Aujourd'hui, comme chaque jour, sa mère dit que 'la maison attends son propriétaire'. Parfois dit-elle, ma tête se met à penser et…'. Elle ne finit pas sa phrase.
Elle attend juste que son fils revienne.

En attendant, elle s'active. Elle va chercher des œufs auprès d'un généreux agriculteur qui 'a l'age de son fils' pour les distribuer aux autres familles de missing. Elle fait le siège des autorités et a réussi à faire construire un petit mémorial sur la place délabrée du village. Mais, elle n'a pas d'argent pour les fleurs. Le maire n'est pas content. Il aurait bien aimé faire de cet espace un centre commercial. Si je m'arrête, je meurs dit elle. Et c'est probablement vrai.

Mais comment est-ce qu'on va bien pouvoir leur parler d'identification de restes humains...

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